Tomber… pour se relever

Tomber... pour se relever
Tomber

Tomber.  Lorsque nous tombons, pendant une fraction de seconde, nous sommes en suspension.  Lors de sa durée, nous avons l’impression qu’aucune loi de la physique n’a d’emprise sur notre corps.

Au moment que cette fraction de seconde se termine, les lois de la physique redoublent d’efforts afin de nous amener au sol.

La chute en elle-même n’est pas douloureuse.  L’atterrissage l’est amplement.  La douleur peut vous clouer au sol pendant un temps.

Le désir de poursuivre son chemin et l’autodérision nous permettent de nous relever. Cette capacité à nous relever est la résilience.

Que la douleur ait été intense ou non, nous devons prendre le temps de laisser place à la guérison.  Seul le temps peut réparer les blessures.

Malgré le fait que nous tombions, nous apprenons à continuer à marcher.  Nous apprenons à éviter les plaques de glace, à porter des chaussures adéquates et à se dire que si nous retombons, il faut juste se laisser aller de façon à tomber mollement pour que la chute soit moins douloureuse.

Maintenant, si on comparait le concept de « tomber » lorsque nous vivons une séparation; une séparation étant une coupure avec une deuxième personne ou un environnement.

On tombe.

La suspension serait l’impression d’irréalité que nous vivons : «Voyons, ça ne se peut pas! Je rêve, je fais un cauchemar.  Je dois me réveiller ! »

La réalité brutale nous rattrape rapidement et nous fait tomber d’une hauteur vertigineuse.  À partir de ce moment, nous perdons nos repères et la réalité devient extrêmement douloureuse.

Nous devons accepter de vivre cette douleur et laisser court au déversement de la rivière en nous.  Les larmes sont l’expression du corps à être incapable de maintenir le surplus d’émotion.  Une amie me disait : « Lorsque tu pleures, c’est un signe de guérison ! ».

Pourquoi ne pas se donner le droit de pleurer? On nous apprend pourtant le contraire.  Quand nous sommes petits, nos parents nous prennent dans leurs bras et nous disent : « shuuutt, c’est assez de pleurer comme ça, c’est pas grave, ça va passer ».  Pourquoi faut-il cesser de pleurer ? Ce n’est pas vrai que ce n’est pas grave, pour moi, parfois, c’était vraiment la fin du monde. C’est la même chose pour l’enfant, pourquoi ne pas le laisser pleurer sa peine ? N’est-ce pas lui dire que sa perception de ce qu’il ressent est fausse?

Lorsque nous pleurons à chaque fois qu’on en ressent le besoin, nous pleurons de moins en moins longtemps.  Aucune accumulation et nous vivons nos émotions dans le moment présent.  Et cette peine ne se transformera pas en colère ou en frustration.  Étant tous différents des uns des autres, la période d’être par terre pour ne pas dire sur le cul est vécue différemment par chacun d’entre nous.

C’est notre capacité à accepter ce qui nous arrive, à vouloir aller de l’avant qui nous tend à vouloir guérir.  Même si on le veut ardemment, seul le temps permettra à la guérison de se manifester sous différents comportements ou signes.  Par exemple : notre langage change, au lieu d’utiliser des « je dois » « il faut » on utilise « j’aimerais » et « je veux ».

La résilience que nous possédons nous mettra dans l’action afin d’agir et de rétablir l’ordre et la stabilité de notre univers et de nous permettre ainsi de refaire nos propres repères qui eux, ne seront pas à la merci d’une tierce personne.

Nous sommes dans la reconstruction.  Nous analysons nos faits, gestes et la situation afin d’être en mesure d’éviter la douleur lors d’une éventuelle chute.  Malgré le fait que nous évitions les plaques de glace et que nous portions les bonnes chaussures, rien nous promet qu’il n’y aura pas de risque de chute.  Il suffit de se laisser aller.

Selon moi, la pire chose à faire est de cesser de marcher par peur de tomber.

Finalement, la vie est dans l’action, n’attendez pas à l’abri, vous allez manquer le spectacle.

Riez et dansez comme si personne ne vous regardait mais surtout n’arrêtez pas, nous n’avons qu’une vie à vivre.  À vous de choisir !

Renée L’Abbé

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