Ma relation avec… le ski…

Le ski
Le ski

Mon premier contact avec le ski fut avec ma classe de 4e année.  Nous avions une activité sportive dans le cadre de notre cours d’éducation physique.  Ski de fond.

Le professeur nous a montré comment entretenir nos skis soit, les cirer.  Au départ, je croyais que la couleur de la cire était pour notre créativité.   Grosse déception en comprenant que c’était pour le type de neige.  Alors, armé de notre cire, nous avons étalé tant bien que mal le fameux produit en essayant, je dis bien, essayant, de ne pas créer d’accumulation communément appelée « mottons ».

Vient le moment magique de mettre en pratique le peu de nos connaissances à l’extérieur. La journée est magnifique, le ciel bleu avec un soleil qui brille de mille feux sur la neige scintillante.

Emmitouflés comme des bonhommes de neige, nous mettons en branle l’expédition, à queue leu leu.  Nous évoluons dans les sentiers.  Tombons parfois. Rions. Joues rouges.  Regards brillants.  Souffles courts, l’air est froid et craquant.

Rendu au pied de la colline où nous glissions en « crazy carpet », le professeur nous explique que nous allons faire des concours d’habiletés, à même la montagne.

Ski de fond mais…

Entre autres, il a installé des espèces de bâtons à l’horizontal pour nous inciter à nous accroupir sur nos skis pendant la descente… de la montagne…  Pendant le primaire, j’étais l’une des plus grandes de la classe.  Pour la course à obstacle, les bâtons sont installés pour la moyenne des enfants… pas pour moi.

Je m’élance.  Je m’accroupie rapidement, me relève, m’accroupie pour le deuxième, me relève et… manque mon coup pour les trois prochains bâtons… je les « pète », ils débarquent de leur support.  Accélère, perd le contrôle, essaie de m’arrêter mais j’ai aucune notion de ski… alpin… avec des skis de fond… je termine ma course dans le bas dans la pente, dans les buissons… piquants.

Après m’être démêlée des arbustes, étant de nature persévérante, je tente ma chance une 2e fois.  Pourquoi pas ? Je manque le premier bâton, le 3e et le 5e, en fait, le 5e, j’ai passé à côté… essaie d’arrêter sur les conseils du professeur, mes skis se croisent et je… tombe… plante et culbute… mon visage sert de niveleuse… j’abandonne. Je tiens à ma peau, tout de même.

C’est maintenant le départ, nous prenons un nouveau sentier à même la montagne.  Étant plus grande, je suis dans les dernières, les plus petits en avant.

Aucune maîtrise

Je suis également plus pesante, j’accélère donc plus rapidement.  Avec mon allure, je sais que si je continue, je vais jouer aux quilles avec les petits poucets, en avant de moi.

Afin d’éviter des blessures, je me dis que je devrais m’accrocher à un arbre avec mon bras droit pour ralentir ma descente.  Aussitôt pensé, aussitôt fait.  Je m’accroche avec vigueur au premier arbre, un bouleau ! Et… non, je n’ai pas fait le tour de l’arbre, j’aurais aimé mieux… non, l’arbre est tombé !  Il était pourri.  Comprenez-vous ? Pourri ! Insulte suprême ! Je veux m’accroche après un arbre et il tombe !

Mon Dieu ! Suis-je si pesante ?  Non, malchanceuse !  Quelles sont les probabilités de tomber sur un arbre pourri en forêt au moment même que tu t’accroches désespéramment ?  En fait, je suis chanceuse, je déjoue toutes les probabilités. Maintenant, dites-vous bien que je veux essayer l’escalade…

Ski alpin

Je peux vous garantir que j’ai mis les skis de côté de ma vie, pour un temps.  Mais à 32 ans, j’ai essayé le ski alpin.  En fait, je dirais plutôt faire le chasse-neige.  J’ai énormément de temps pour admirer le paysage pendant la descente, je vais tellement… lentement…

Mon défi ? Le remonte-pente ! J’ai le vertige.  Le moniteur me dit simplement de regarder au loin ou de le regarder… par chance qu’il avait de beaux yeux ! Mais… faut descendre du remonte-pente ? Angoisse totale !  J’ai réussi… j’étais absolument magnifique en pantin désarticulé… une grâce naturelle… heureusement !  C’est à partir de ce jour, que j’ai installé mon nez de clown… en fait, je l’ai greffé.

La descente…

Ma première descente fut mémorable, pour moi, pour le moniteur, pour un sauveteur et… nombreux curieux.  J’ai essayé vainement d’éviter un skieur… expérimenté… âgé de… 9 ans… j’ai accéléré, perte de contrôle et… une culbute digne des plus grands skieurs olympiques… aux bosses… j’en ai même pas perdu mes skis…

Heureusement que je suis élastique… le sauveteur qui a assisté à ma chute était certain que j’étais cassée en morceaux… il ne voulait pas que je bouge d’un poil pendant qu’il voulait aller chercher la planche dorsale… je ressemblais à une boule de neige avec un bras, l’autre étant en-dessous de moi, une jambe virée à l’envers mais surtout… surtout… de la neige dans les yeux, les oreilles et le pire, le pire de tout, dans le nez ! Comment on enlève la neige dans le nez ? C’est ça…

Pas si pire, oui mais…

Alors, avec mon tout nouveau nez de clown fraîchement greffé, j’ai éclaté de rire ! Je me suis dépliée et repliée… essayé tant bien que mal à me remettre sur mes pieds à la plus grande stupéfaction du sauveteur, en lui disant gentiment : « Ne non, je n’ai pas besoin d’aide, je suis grande et autonome depuis longtemps ». Retombe sur les fesses. Hop ! Debout ! Non sans faire ma « stépette » de clown !

J’ai eu le temps de refaire deux descentes dans l’après-midi.  Je pensais avoir mal partout mais non… pas tout de suite… le soir !  Je voulais aller danser avec mon amie Carole au Cab… Danser ? NON ! J’ai bu !  Plus je prenais de bière et moins je sentais mes muscles douloureux… en feux… qui hurlait : « maudite folle ! Pu jamais !! ».  Vous comprendrez que j’ai dormi comme… un robot, vous savez celui dans Perdu dans l’espace ?… DANGER !! DANGER !!… avec un dysfonctionnement de ses membres… et le lendemain… et bien… j’aime mieux ne pas me souvenir.

Retour possible ?

Est-ce que je suis retournée au ski ? Oui !  Pendant que j’effectuais une descente, ma nièce de 10 ans en faisait quatre… et elle était, elle aussi, une débutante.

Alors, imaginez ma face lorsque mon amoureux à l’époque me proposa d’aller faire du ski dans les Laurentides !

Calcul mental rapide.  Le temps que ça me prend au Kanasuta à descendre, son temps à lui.  Son temps pour descendre une pente dans les Laurentides… règle de trois… ma réponse : « Heu… il va falloir que je monte sur la montagne dès 7 heures le matin si je veux être en bas pour le souper ! Non ? »

Je n’ai pas peur, ni du ski ni du danger… en fait, je suis dangereuse !  Je sais, telle est ma devise : « Soyez dangereux ! »

Vais-je y retourner ? Probablement que oui, avec quelqu’un de… patient et… surtout convainquant, bien convainquant… mais… je ne crois pas qu’il soit encore né !!

Renée L’Abbé
15 novembre 2011

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