Humeur de chien

Humeur de chien
Humeur de chien

Ben voyons, moi ? Un humeur de chien ? Fabulation ! Ben non, pas pantoute.  Au contraire.

Depuis que j’ai passé le cap des 45 ans, on dirait que le syndrome pré-menstruel devient plus long, maintenant 10 jours au lieu de 7.  Et, plus intense.  Certains mois, comme aujourd’hui, j’ai mal à l’âme on dirait.  Tu le sais que ça va pas mais tu vas quand même bien.  C’est par en-dedans que ça se passe.  Ça n’en fait mal.  Un mal de chien d’où son humeur, j’imagine.

Peu importe le moment

Y’a pas de moins bon ou de bon moment pendant cette période.  Même en te levant le matin, tu sens un espèce de brouillard dans ta tête, tu y vois même dérouler le film Brume.  Avec toutes les horreurs.

En plus d’avoir mal à l’âme, t’as mal partout.  Aux seins, aux muscles, au ventre.  Tu te vois avec un cancer de quelque chose tellement les douleurs sont intenses et suspectes.  Imagine, tu n’es même pas encore menstruée.

Cette semaine, j’ai dit en blague à mon conjoint de me lancer du chocolat si j’étais marabout.  Pendant que je faisais les crêpes, j’ai commencé à pogner les nerfs… il m’a lancé un chocolat sur le comptoir, il était derrière l’îlot.  Oui, c’est drôle, je l’ai ri.  Mais en même temps, tu le sais que ton humeur de chien te colle à la peau même si tu prenais douze mille douches.  T’as beau essayer d’être positive et de te sacrer un sourire dans face mais ton conjoint sais.  Point.  Sais que ça va pas.

La faute à

Le hic.  Les gens eux pensent que ce sont eux les fautifs de quelques choses, eh non.  C’est juste cette humeur de chien qui me donne le goût de brailler ma vie à m’en ouvrir les veines, au sens figuré seulement.  C’est plus théâtrale, plus avec mon humeur de drama queen.

En plus, si tu as des tocs, on dirait qu’ils sont amplifiés à la puissance 10, ici je suis conservatrice, au sens figuré et non politique.

Alors, tu te promènes avec le torchon pour tout nettoyé et re-nettoyé.  Mon chum m’a fait la remarque : Ah, le poêlon n’était pas assez propre ? Me suis sentie coupable.  Ben un peu.  Me suis sentie mieux après l’avoir re-nettoyé.

Noël

On s’entend, entre vous et moi, que le sapin n’a pas éternisé ses allures de roi des forêts à la maison ? Le 1er janvier, je le mettais dehors en le remerciant de son sacrifice et du plaisir que nous avons eu à l’avoir à la maison.  Idem pour les décorations. Intérieures et extérieures.  Balayeuse, lavage de plancher.  Et tant qu’à être, pourquoi ne pas faire un peu de ménage extérieur, y’avait trop de neige autour du tempo.  Nettoyer l’entrée.  Puis les bacs de recyclage et déchets.  Bref.

Maniaque

On devient une maniaque de ménage.  Regardez au bureau, celle qui se promène avec son windex et son scott, elle n’est pas toujours de même, juste pendant le syndrome.  D’accord, j’avoue, d’autre c’est pendant les menstruations et d’autres après. Finalement, on y échappe pas.

Merde

Quand tu traînes ton corps toute la journée comme si c’était un tas de merde.  Que tout va de travers au fil des heures.  Surprenez-vous pas, que l’énergie tombe même en bas de la température extérieure.  Fatigue extrême, tu traînes une masse qui semble peser le poids du monde.  Alors, qu’au matin, les larmes menacent de couler, elles se déversent le soir venu.

Même si tu pleures, tu dois pleurer un gros coup pour que l’effet soit bénéfique.  Tu pleures ta vie.  Comme si le pire venait d’arriver alors que, ce ne sont que ces maudites hormones qui te déchirent par en-dedans.  Le dernier mois, j’ai pleuré pendant deux heures, deux heures !! Bordel, comme si j’avais autant de temps à perdre !

Humeur de votre conjointe

Alors, si votre conjointe vit ces moments aussi intensément que moi, je vous plains.  Ce n’est pas facile pour ceux qui vivent autour de moi.  Mais savez-vous que, c’est encore pire pour moi ? Parce que je le sais.  Mais je me sens incapable d’être autrement.  J’essaie, j’ai l’air correcte mais c’est vide de sens.  C’est clinquant, artificiel.

En fait, personne ne me tape sur les nerfs, y’a juste moi qui me tape vraiment sur les nerfs.  Je n’ai pas de passe-droit envers moi.  Vous pensez que c’est vous-même ou votre entourage, non.  Juste nous, femme.  Souffrant du satané syndrome.

Je suis désolée si mon humeur de chien a déjà aboyé après vous.  Vous n’étiez pas la cible réelle, la cible ? C’est moi. Juste moi.  Heureusement que le mois prochain, j’aurai probablement juste mal aux seins ou faim.  Ce sont les meilleurs mois.  Puis. Il revient. Avec les morceaux de chocolat.

Renée L’Abbé
La Renelle

 

 

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