Suicide pour en finir… une fois

Le suicide
Le suicide

On parle beaucoup de la prévention du suicide.

Mais, c’est encore tabou de dire que nous y avons déjà pensé.

La semaine dernière, je parlais avec ma TS (ben oui, je me l’ai approprié). Elle désirait me connaître mieux pour cerner adéquatement ma personnalité afin de m’aider dans ma demande d’outils pour vivre harmonieusement dans une famille recomposée, moi qui n’ai pas d’enfant et ce, même si mon chum me dit que je suis bien outillée pour y faire face.

Aline (faux nom bien sûr) me demandait si j’avais vécu des expériences traumatisantes, marquantes dans ma vie. Me suis dit : j’espère que t’as plus qu’une feuille de note là.

Le chat sort du sac

Alors, j’ai commencé par le début. Je suis née, c’est assez traumatisant hein ? Ensuite, je suis morte une fois, me suis noyée. Je voulais me démarquer en plongeant du mini-tremplin à la piscine et PAF ! Me suis pétée la tête dans le fond de l’eau. Tout se que je me rappelle, que même si je respirais, c’était de l’eau qui entrait en moi. J’étais rendue au point que, j’essayais même pas de m’en sortir. J’étais bien. Bref, cette histoire venait surtout à lui expliquer que, j’avais aussi, essayé de m’enlever la vie.. j’avais à peine 19 ans. Je revenais de Nicolet. Perdue.

Pourquoi ai-je pensé au suicide ?

À ce moment, j’ai regardé Aline et je lui ai dit : étrange, je suis incapable d’expliquer pourquoi je me suis rendue jusque-là. La seule chose que je peux dire, c’est que, j’étais tannée en tabarnac de souffrir, d’errer, de ne pas savoir, d’avoir juste mal, un mal par en-dedans qui me grugeait.

J’ai dit à Aline : et dire que moins de 7 ans après, on m’annoncait que j’avais le cancer et j’avais la détermination de le combattre, de vivre, de voir mon neveu et ma nièce graduer à l’université alors qu’ils avaient à peine 2 et 3 ans…
La complexité de désir ou l’absence du désir de vivre est difficile à mettre en mot. Encore plus aujourd’hui où mon désir de vieillir est assurément plus important.

Quel a été l’élément déclencheur pour me dire que je voulais en finir ? Un mot ? Un feeling ? Je m’en souviens même pas. Je me souviens juste du mal être et du couteau.

Main tendue

J’imagine que nous traversons ce type d’épreuve chacun à notre façon, nous nous en sortons grâce à une main tendue, la mienne, ma main salvatrice s’appelait Danielle et elle tenait dans la sienne celle de Réal. Ce soir là, ils m’ont sauvé, probablement sans le savoir.

Si vous vivez des moments sombres, tumultueux et que vous pensez au suicide, je vous souhaite de rencontrer votre main qui vous montrera que la vie, sera belle, pour vous aussi.

Renée L’Abbé
1er février 2016

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