L’urgence médicale

L’urgence et sa salle
L'urgence
L’urgence

J’avoue, l’urgence est un endroit que je visite moins d’une fois par année.  Alors, avant de m’y rendre, je m’assure auprès d’info-santé si je dois absolument y aller, mettons que je préfère passer mon tour.

Mais bon.  Y’arrive parfois, malgré notre non vouloir que nous soyons dans l’obligation d’aller : à l’urgence.

J’avoue, quand je suis malade au point d’aller à l’urgence, c’est parce que, c’est URGENT !  Comme chacun d’entre nous le pensons, naturellement.

Transport

Premièrement, je dois m’y rendre.  Je suis à pied et fortement incommodée par la douleur.  Et, j’avoue également par l’absence d’absorption de nourriture.  Aussi, par le fait que ma magnifique Honda 92 a soudainement décidé de jouer au Transformer et se modifier en magnifique « Tracteur Le Bruyant qui casse les oreilles et attire les polices ».

Je texte ma nièce afin de lui demander si elle était occupée, si non, si elle voulait bien venir me porter à l’urgence.  Telle une amazone sur son magnifique destroyer flambant neuf, elle arrive à ma rescousse, moi, pauvre tante en détresse.

Changement

À mon arrivée à l’hôpital, je suis un peu perdue.  Je cherche les gros cartons avec des numéros dessus. Je m’aperçois que l’urgence est rendue aussi technologique que moi.  Je dois appuyer une seule fois, c’est bien écrit en gros « Une seule fois », sur l’écran pour obtenir un numéro.  Magie magie ! En touchant l’écran somme toute tactile, la « machine » me crache un numéro.  J’ai failli crier ma joie croyant avoir gagner un lot.

Je choisis une chaise, pas n’importe laquelle ! Une, plutôt seule afin de me tenir loin des bibittes, c’est-à-dire, les autres patients.

Pas aussitôt assise, l’infirmière sort et crie mon numéro ! Je bondis de ma chaise, je veux être certaine qu’aucun hurluberlu en profite pour s’introduire dans la salle avec l’infirmière.  Prétextant se sentir moins bien, je la connais cette tactique là pour essayer de passer plus vite pis ça marche PAS, il te couche en arrière sur une civière !

Bingo !

J’entre, je viens pour jeter mon numéro et l’infirmière crie : « NONNNN ! »

Heu… je fige dans une position digne d’une patineuse artistique qui tombe, sans tomber. Elle doit le scanner avant ! AHHHH ! Ok.  Désolée, je le savais pas.

Et là, je dois déballer mon histoire déjà racontée à info-santé.  Elle prend ma pression, ma saturation et me mets le thermomètre dans bouche.  Pourquoi elle pose toujours une question quand on a ça dans la bouche ??  Et là, elle veut me l’enlever mais je le tiens ben, elle tire dessus et me dit : ok, c’est assez.  Je me sens comme une petite fille, elle me gronde encore.

Inscription et examen

Elle me donne un magnifique sac signé « biohazard » avec un petit pot et une éprouvette.  Enfin ! Je vais pouvoir commencer à faire des expériences.

NENON ! Elle m’explique la procédure pour qu’on analyse mon pipi ! Je peux déjà donner le résultat, brouillé, année 1969, robe longue, odeur ammoniaquée.

Mon expérience et ma connaissance de mon pipi ne semble pas l’impressionner du tout.  Avec un sourire, elle m’explique d’aller faire mon inscription et faire le test.  Inscription ? Test ?  Vais-je me retrouver en médecine ?

Alors, je vais dans le corridor, à gauche, je vois le guichet, je m’assois et entame la discussion avec la dame.  Je lui dis que je trouve que l’urgence est rendue full techno, que je me suis fait chicaner deux fois !  Elle me trouve drôle.

Elle m’explique que je dois aller porter mon formulaire d’inscription (non admissible à l’école, heureusement, avec les frais qui augmentent sans cesse).  Je dois l’insérer dans la fente dans le mur… par chance que l’hôpital est en bon état!  J’aurais très bien pu la mettre dans une fausse fente et glisser mon formulaire entre deux, deux par quatre !

Échantillon

Je m’élance avec toute la rapidité dont ma vessie veut bien m’offrir vers la salle de bain.  Tout une épreuve, aller à la salle de bain publique, dans un hôpital, sans toucher à rien.  Un exploit.

Alors, malgré mes acrobaties, je m’efforce de remplir le fameux petit pot, le déposer, me reculotter .  Transférer le précieux liquide dans l’éprouvette, j’ai réussi à avoir le minimum requis.  Pas question d’échapper quoi que ce soit, au pire, je cracherai dedans.  Mais non !  Retourne à l’urgence, remettre le tout à l’infirmière.  Je peux enfin m’asseoir… confortablement, c’est vite dit.

Urgence technologique

J’observe autour de moi.  Je suis littéralement subjuguée par la nouveauté et la technologie dont une télévision à écran plat diffusant des messages instructifs.

Dont le premier, qui me fit nettement sourire et, pas juste moi.  Le message débutait ainsi : «  La salle d’urgence est un endroit imprévisible… ».  Je regarde ma nièce avec des yeux ronds et je m’exclame : « Un endroit imprévisible ? Comme quoi ? On va voir apparaître des lutins et des clowns par les portes ? ».

Deuxième annotation surprenante.  C’est écrit : « Félicitations ! Vous êtes enceinte ! ».  Moi et ma nièce, on se regarde rapidement et on se dit : « Heu… le test de pipi, ce n’était pas pour un test de grossesse là… ».

Non mais, par chance que j’ai passé une échographie dans l’après-midi, je savais TRÈS bien que je n’étais pas enceinte.

On se demandait à qui s’adressait le message car, personne n’a semblé sauter de joie.  Un homme semble avoir eu une faiblesse après la diffusion du message, pauvre lui, personne ne lui a encore expliqué que les hommes de tombent pas « enceinte ».

S’orienter dans les dédales de l’hôpital

Puisque nous étions encore à jeun, nous avons pensé d’aller à la cafétéria ou plutôt aux machines distributrices se chercher un encas !  J’aime leur machine à l’hôpital ! C’était écrit sur le sac de chips que c’était santé ! Oui ! Oui ! Chips, c’est sans T !

Je dois avouer que j’ai eu une certaine crainte de me rendre au sous-sol, ayant oublié mon GPS, je risquais fort bien me retrouver à la morgue ou à la laverie.  Mais non ! Quand même, j’ai laissé des bouts de ficelle pour retrouver mon chemin saine et sauve.

L’attente

Chose certaine, je ne vous raconterai pas les 9 heures d’attente.  Vers minuit, ma nièce a abandonné, elle travaillait tôt le lendemain matin.  Heureusement, j’avais eu la vitesse d’esprit de me faire remplacer.

Vers 2 heures du matin, j’ai essayé tant bien que mal à m’installer pour roupiller un peu.  Je frissonnais. J’ai pensé que j’étais probablement fatiguée.  Je n’ai jamais pensé que je faisais de la fièvre ! Mais non !

J’ai somnolé, légèrement, à peine mais assez pour débuter un ronflement.  Vous savez, quand on se réveille en sursaut en se demandant si on ronfle ? Bien, au sourire des autres usagers à mon sursaut, je ronflais, c’est clair !

Siester

Je viens finalement à bout de me trouver une position légèrement confortable, à tomber dans un monde de vapeur.  Renée L’Abbé salle 7.

J’ouvre les yeux rapidement.  Mon cerveau me dit d’aller plus vite.  J’ai nettement l’impression qu’un des  usagers de la salle d’urgence a fait du macramé avec mes jambes.  C’est éternellement long à déplier, à me mettre debout. Je titube vers la salle 7. Enfin ! Je vais pouvoir dormir sur une civière confortable.  Êtes-vous déjà allé dans la salle 7 ?

Une fois, il y a fort longtemps.  C’est la salle pour faire les examens gynécologiques, test PAP ou encore victime d’agression.  Ce n’est pas une civière, c’est une table pour ausculter maudit viarge ! Juste assez large pour le corps mais, je dois retenir mes bras pour les empêcher de pendre, je ne peux pas m’assoupir, je vais tomber par terre ! Je suis frustrée !  Il est 3h15 du matin.

Par contre, étant une salle d’examen, on s’entend qu’il y a tout plein d’instrument intéressant pour s’amuser avec pendant cette période d’attente !

Arrivée du médecin

3h45.  La médecin finit par arriver ! Je grelotte littéralement sur le papier ciré.  Je me sens comme de la pâtisserie, en train de macaroner !

La docteure s’adresse à moi avec une affirmation, très sûre d’elle.  Elle a bien fait ses devoirs, elle a lu mon dossier médical avant d’entrer.  Je comprends maintenant pourquoi c’était si long, mon dossier est épais comme les pages jaunes de Montréal.

Dr : « Vous êtes sous coumadin. »
Moi : « Non »
Dr : « Ben oui, vous êtes sous coumadin! »
Moi : « NONNNN »
Dr : « Ben voyons madame, vous avez fait 5 embolies pulmonaires, vous êtes sous coumadin à vie ! »
Moi : « Non, la cause des embolies étant le Marvelon, contraceptif »
Dr : « ah ok ! je comprends, la cause étant retirée, vous êtes correcte. »
Moi : [fiouuu… je commencais à me demander si je devais me sauver!] « Exactement »
Dr : « Bon, qu’avez-vous? »
Moi : [l’infirmière tantôt, elle n’a pas pris de note?] et je réexplique pour la 3e fois ce que je vis.
Dr : «Je vais vous examiner »
Moi : [Envoye-donc, gâte-toi !]
Dr : « Vous avez mal? » En me trippotant l’abdomen.
Moi : [les yeux malins de douleur] « Ben oui ! C’est justement là que j’ai mal, la vessie ! »
Dr : « Ici ? »

Douleurs

Mes abdos se sont contractés à la vitesse de l’éclair. Elle me regarde et me demande ce qui se passe.

Moi : « Je vous l’ai dit tantôt que j’ai passé un écho pour un fibrome et vous venez de mettre le doigt drette dessus »
Dr : « C’est un coin du ventre qu’on aime pas voir de la douleur, l’appendicite … »
Moi : « Elle va bien, inquiétez-vous pas ! »
Dr : « Je vais écouter vos poumons et votre cœur »
Dr : « Respirez la bouche ouverte »
Moi : [RAAAAAAA…. RAAAAAAA]
Dr : « Encore »
Moi : [RAAAAAAA…. RAAAAAAA]
Dr : « Encore » en écoutant dans mon dos
Moi : (soupire) [RAAAAAAA…. RAAAAAAA]

Dr : « C’est quoi cette cicatrice ? »
Moi : [pendant une fraction de seconde, j’ai failli lui répondre, coup de couteau dans un bar] « Mélanome »
Dr : « Mélanooooome?? »
Moi : « ben, mélanome mélanome… de type 2 là »
Dr : maintenant en face de moi « Et vous avez survécu à ça aussi? »
Moi : [Elle la veut où mon autographe?] « Ca bien l’air que oui ! » [Je suis en avant de toi!]

Dr : « Deux solutions pour vous, vous avez effectivement une infection, soit vous demeurez 48 heures à boire beaucoup de liquide, si les symptômes ne disparaissent pas, vous revenez à l’urgence, sinon, je vous donne des antibiotiques »
Moi : [Elle me niaise ? Revenir attendre 9 heures pour une prescription?] Je vais prendre la prescription tout de suite, ça fait déjà 3 jours là, que je bois énormément de liquide et les symptômes s’aggravent! »
Dr : « Le problème avec les antibiotiques, vous pouvez développer une résistance »
Moi : « Inquiétez-vous pas, je n’ai pas l’intention de créer une résistance encore moins un putsch »
Dr : « Si les symptômes persistent, vous allez devoir revenir et repasser des tests pour savoir à quelle bactérie vous résistez… »
Moi : « Je ne résiste pas aux antibiotiques, je suis consentante et je peux même vous prédire une infection vaginale parce que vos antibios seront trop forts pour moi! »

Des pinules !

Et là, l’infirmière qui revient avec la prescription et son beau sourire m’informant que ma nièce a besoin, elle aussi d’antiobiotiques, que c’est important, c’est dangereux d’attaquer les reins.

Moi : [Pis le doc voulait me laisser encore 48 heures aux liquides ? J’ai déjà les reins en comporte qui me font mal…??]

Elle me donne un échantillon.  Go ! Vite dodo à maison… Dodo ? J’ai dormi 20 heures sur 24 heures, fiévreuse, mal partout… et ce, pendant deux jours !

Quand ma prochaine visite ? Pas avant une bonne vingtaine d’années, garantie !

Renée L’Abbé
4 juin 2012

Étranger de moi

Étranger, rôdeur
Corps étranger
Corps étranger

Sans le savoir, je te sentais.  L’étranger qui rôde tout près.  Baisse d’énergie. Inconfort. Malaise. Trouble.

Tu es un étranger, indésirable. Hors de ma vie, tu dois partir, m’abandonner. Non sans douleur, non sans peur.

La façon dont tu me quitteras n’est pas rassurante mais, ni si inquiétante.  J’ai confiance en ceux qui prendront soin de moi.   Confiance en leur compétence, en leur empathie.  Être entre de bonnes mains.

Combat comme à la guerre

J’ai déjà combattu un de tes semblables et je sais que la victoire est à portée de main.  Tu dois mourir, toi l’étranger.  Aucune pitié pour toi.  La guerre, c’est la guerre.

L’inquiétude est le jour d’après.  Non, au fait que tu seras désormais et définitivement absent, ni en mon rétablissement.  Mais, à cause du système.  À cause de ma survie.

L’après.  La convalescence.  Être sans revenu, à la merci.  Inquiétude vive puisque je suis la seule à subvenir à ma vie présentement.  Seule, à payer le train-train quotidien. La maison et tous les frais afférents, seule, à supporter ce fardeau.

Support

J’aurai du support : de mes proches, de mes ami(e)s, de mes collègues.

Un jour à la fois.

D’ici là, je suis en mode préparation. Penser à tout ce qui pourrait arriver pendant mon arrêt, arrêt dans le temps, pour reprendre des forces et sortir nouvelle et forte.

Nonobstant ma survie sociétaire, je ne serai pas seule. Je serai bien entourée : en geste, en présence et en pensée.

Un jour à la fois, un pas à la fois vers la victoire : la santé.  Sans toi l’étranger.

Renée L’Abbé
29 mai 2012

Les mots et maux

Les mots :

Douceur, gentillesse, amour, plume, amitié, empathie, ange, compassion. Humour, rigolade, caresse, enfant, écoute, ouate, réussite.  Câlin, soleil, fleur, croire, liberté, musique, lumière, être, danse, joie, rire… ce sont des mots !

Les maux :
Mots ou maux
Mots ou maux

Haine, jalousie, colère, peur, intimidation, terreur, domination.  Incompréhension, maladie, torture, guerre, méchanceté, coup, douleur. Peine, déception, blessure, envie, tueur, malheur, larme… se sont des maux.

Il est tout de même incroyable la force que nous donnons à certains maux dans notre vie.  Un seul de ses maux peut détruire une multitude de mots jusqu’en exterminer une langue.

Pouvoir

Évidemment, le pouvoir peut être dans les mots ou maux.  C’est à nous de lui donner son importance et orienter sa force vers ceux qui rendent notre langue si merveilleuse et si vivante.

Malgré tout, ces maux apportent eux aussi, une richesse à notre langue.  Si, et seulement si, nous apprenons à tirer une leçon et avoir la chance de prendre du recul.  Afin de voir, l’avancement que ces derniers nous ont permis d’acquérir et de nous faire grandir.

Force

Lorsque nous prenons conscience des mots que nous utilisons, l’impact de ceux-ci sur notre vie, est d’une immensité infinie, ils sont là, prêts à être utiliser à bon escient.

En conclusion: penser ses mots avant de parler nous permet de mesurer leur impact sur notre vie.

Renée L’Abbé
14 mai 2012

Regret de…

Le regret du passé
Le regret
Le regret

Lorsque je vois les gens plein de regrets envers leur passé, je ne comprends pas.  Je ne comprends pas que l’on puisse regretter d’avoir vécu, d’avoir rencontré des personnes !  De vivre avec regret ?

Ce que j’ai vécu, de par mon passé, ce sont eux, les événements, les épreuves, les rencontres.  Ce sont eux mes apprentissages de la vie, de ma connaissance, de mon expérience de vie qui, font ce que je suis.  Aujourd’hui, cette Renée qui sait, maintenant, qui elle est, ou je suis rendue.  Sans regret.

Ce bagage de connaissances que je ne veux surtout pas alléger.  Je suis en voyage mais pas question d’essayer d’obtenir un rabais quelconque sur mes valises !

Je ne prendrai pas le risque d’oublier quelqu’un ou un événement par des regrets.  Parce que, voyez-vous, chacun d’entre eux, heureux ou non, font partie de l’équation qui donne mon résultat : moi.

Épreuves difficiles, passé lourd

Il y a certaines épreuves qui sont lourdes, si remplies de plomb que nous avons l’impression de nous enliser, nous noyer dans nos émotions.

Quand ces épreuves se terminent, elles doivent guérir avant que nous soyons en mesure de prendre du recul et d’accepter l’apprentissage qu’elles nous obligent parfois à vivre.  Ce n’est pas facile, mais pas impossible.

Ne me jugez pas ! J’entends déjà des personnes se dirent que : « ça parait qu’elle n’a pas vécu telle chose ».  Vous ne le savez pas.

Sans jugement

Ce qui m’amène à dire, ici, ne pas juger les personnes qui vivent une épreuve et surtout dire : « moi, à ta place, je ferais ceci ou cela ».  Justement, nous ne sommes pas à leur place.  Chaque personne vit, ce qu’elle a à vivre, avec son bagage, ses capacités et ses croyances.

J’avoue, je n’ai pas vécu la perte d’un amoureux, de mes parents ou d’un enfant.  Je ne peux pas parler de ces épreuves qui selon moi, sont les pires.  Et, honnêtement, j’espère que cette épreuve sera le plus loin possible dans mon chemin de vie.

Les seuls regrets qui peuvent m’envahir sont, de ne pas avoir su, à chaque instant de ma vie, profiter de chaque minute et, de ne pas m’avoir aimé et apprécié parce que j’étais différente des stéréotypes de la société.

Je ne regrette pas ce que la vie m’a offert.  Et ici, je pense même à mon premier amoureux qui était loin d’être un cadeau ou de la maladie, particulièrement le cancer.  On m’a offert dernièrement d’atténuer la cicatrice laissée par l’opération et j’ai refusé, simplement, je veux me souvenir que j’ai eu le cancer à cause de.

Se souvenir, c’est la meilleure façon d’éviter de répéter la même erreur.  C’est comprendre, c’est grandir.  Souvenir, c’est aussi se remémorer le passé choyé, de beaux moments, de bonnes personnes.  Apprécier notre capacité à contenir des trésors au fond de notre cœur, notre mémoire.

Chaque souvenir, bon ou moins bon, est un morceau de casse-tête qui complète un tout, un merveilleux tout, soi.

Renée L’Abbé
1er mars 2012

Réveil maudit tracteur

réveil maudit tracteur
réveil maudit tracteur

4h15.  Réveil instantané ! Mon compagnon de cabine ronfle tel un tracteur de compétition.  Je ferme les yeux et je me dis que, je vais me rendormir.  Comment voulez-vous vous rendormir lorsque la compétition est sûrement de type international ! Je commence à pester intérieurement.

Choix à faire

Soudainement, il me vient plusieurs idées  soit :

  • lancer une bouteille d’eau sur l’autre lit;
  • le jeter par-dessus bord (personne ne s’en rendrait compte sauf peut-être lui);
  • me jeter par-dessus bord (mais, considérant que je n’ai pas encore rencontré Jack Sparrow, je me retiens);
  • hurler;
  • ou encore écouter mon iPod.

Finalement, la solution du iPod semble la plus simple et me coûter le moins d’énergie.  Je prends fébrilement mon iPod, à tâtons, dans le noir total.  Je cherche mes écouteurs… merde !

Je les ai rangé dans ma sacoche, dans le garde-robe.  Me lève, me cogne l’orteil sur le coin du mur, je sacre très fort dans ma tête.  Claudique jusqu’à la porte du garde-robe, l’ouvre, fouille, trouve une valise, la deuxième puis… un espadrille… ben voyons… eurêka ! Ma sacoche !

Maintenant, trouver les écouteurs, quel compartiment? Bien entendu, c’est l’avant-dernier !… Retourne dans mon lit, branche mon iPod et… il ouvre… fiouuuu…!  Va dans ma liste, je choisis « transe », une compilation offerte par mon ami Pierre-André.  Je te remercie, tu me sauves la vie et celle d’un passager, je ne ferai pas la première page du journal de Montréal !

Couvrir le son du tracteur

La compilation mixée dure environ 1h30.  Je mets le son juste assez fort pour enterrer les horribles ronflements du tracteur.  La musique d’un rythme relativement égale me permet de dormir environ 45 minutes supplémentaires.

J’ouvre les yeux, la musique joue encore, 5h30.  Je ferme les yeux, fermement, avec détermination.  Ouvre un œil.  Il est 5h45, impossible de me rendormir, la musique n’est plus assez forte.  J’ai l’impression d’assister à la destruction d’une bâtisse quelconque, tout un tracteur.  Réveil, acte deux.

Tant qu’à pas dormir

Je me lève, je m’habille à l’aveuglette, en « mou », c’est plus facile, donc pantalon de yoga et t-shirt, chausse mes sandales et sort de la cabine sans bruit.  Même avec bruit, il n’y aurait pas eu de différence contre celui du tracteur !  Tout le monde dort, enfin presque !  Je ne rencontre aucun membre de l’équipage sur mon pont.

Je monte au 10e pour aller au restaurant.  L’équipage travaille silencieusement.  J’entre dans la section du restaurant.  Un des chefs prépare sa place de travail en chantant, avec sa belle voix grave, sous des airs de musique jazzée.  C’est tout simplement divin à mes oreilles.

Il est trop tôt, le café coule encore. Bah, un jus d’orange fera très bien l’affaire. Comme dirait ma mère, je prends des petits soldats pour combattre cette satanée grippe qui m’est tombée dessus comme un loup dans une bergerie.  Mais grâce à cette grippe, moi aussi, je suis capable d’entrer en compétition  de tracteurs internationale ! Fiez-vous à moi !

Écrire, méditer et un bon café

Je lève mes yeux de mon cahier de notes et, je vois le soleil qui décide de se lever lui-aussi pour accueillir cette belle journée.  L’odeur alléchante du café m’attire tel le miel avec une abeille. Je me sers un café.  Je déguste… mon bon café… et la vie.

Je vois également deux bateaux de croisière; naviguent-ils, eux aussi, vers la même destination ?  Nous allons à St-Thomas aujourd’hui vers l’une des dix plus belles plages au monde, Meagan’s Bay.

J’ai hâte de sentir les rayons du soleil sur ma peau, la chaleur et me baigner dans la mer.  Encore quelques heures.  Patience !  Et… ici, étrangement, j’ai beaucoup de patience sauf peut-être… contre les tracteurs…

Finalement, ma nouvelle acquisition sera bien sûr, des bouchons pour dormir (rire) !

Renée L’Abbé
18 janvier 2012

Dépression, celle-là

Suivi pour dépression
La dépression
La dépression

Mon médecin faisait un suivi serré de mon cas sachant que j’étais en dépression.  Suivi sans que je m’en rende vraiment compte jusqu’au jour où il me proposa un arrêt de travail avec médication.  Je l’ai regardé éberluée qu’il me propose une telle alternative, j’étais que fatiguée.  Mais vraiment fatiguée.

J’ai exigé de vérifier si ma fatigue n’était pas due à un mauvais fonctionnement de ma glande thyroïde ou physique ou sanguin, nommez-les ces raisons, j’en voulais une bonne.

Après les nombreux examens, le verdict de mon médecin demeurait le même. Avec le recul, j’ai pu vraiment saisir l’importance de ma détresse sans mot.  J’ai accepté l’arrêt de travail mais pas la médication, je me disais que si je prenais un mois à me reposer, je retrouverais rapidement mes forces.

Je mangerais mieux, je ferais des grandes marches au grand air, surtout en pleine saison d’automne.  Mon médecin respecta ma demande mais tenait fortement à me rencontrer dans un mois, question d’évaluer ma condition et un possible retour au travail.

Dormir encore et encore

Pendant ce mois, je dormais comme jamais j’ai pu dormir.  J’étais toujours persuadé que mon problème n’était que physiologique et non mental.

Mon frère a vécu une dépression et lui, c’était normal parce que voyez-vous, perdre son emploi, divorcer et faire faillite, qui ne broncherait pas d’un poil après autant d’épreuves ? Superman seulement, mais encore !

Alors que moi, j’avais toujours mon travail, mon amoureux et une assez bonne santé financière, je ne voyais vraiment pas pourquoi je pourrais me permettre d’être dépressive.  Jusqu’au jour où je suis allée déjeuner avec mon amie Josée.

gaufre ou toast

Nous étions au restaurant La différence.  J’avais faim pour deux choses et je n’étais pas capable de décider laquelle je prendrais pour mon déjeuner.  Hors donc, j’ai décidé de commander des toasts et des gaufres.

La serveuse me demande si je voulais mes toasts avant mes gaufres ou mes gaufres avant mes toasts ou encore mes toasts en même temps que mes gaufres.

Désarrois total ! J’étais incapable de répondre, mon cerveau était encore au premier mot toasts.  J’ai regardé mon amie avec détresse, elle répondit pour moi.  Lorsque la serveuse fut partie, je me suis penchée vers mon amie et j’ai murmuré : « Mais, qu’est-ce qu’elle voulait dire ? »  Mon amie me réexpliqua la demande de la serveuse, lentement, très lentement, avec geste.

Ensuite, elle m’a dit simplement que je devais en parler avec mon médecin, quelle chance, mon rendez-vous suivait notre déjeuner.<

médication

Lorsque j’ai rencontré mon médecin, je lui ai raconté ma péripétie incroyable de mes toasts et des gaufres.  Sourire compréhensif.

Il me dit que, finalement, j’aurais vraiment besoin de médication.  Ça me permettrait de me concentrer et par ce fait, récupérer.  Il précisa qu’il me donnait la plus petite dose, coupée en deux.

J’étais soulagée, je déteste prendre des médicaments, ça nous rappelle que nous sommes malade et ça, je connais, je l’ai vécu pendant ma vingtaine.

J’ai commencé à prendre la médication mais, sans en parler à qui que ce soit, même pas à ma famille et encore moins à mon amoureux.  Je ne voulais surtout pas passer pour une personne faible qui a besoin d’une béquille.

Ça pris deux mois avant que j’informe mon conjoint, j’avoue que nous ne restions pas ensemble, il m’était donc plus facile de cacher ma prise de médicament.

J’ai suivi une petite thérapie avec une travailleuse sociale, environ trois rencontres mais quelles rencontres !  Le travail était intense, j’ai beaucoup pleuré et pris conscience de la source de mon épuisement.

Après cinq mois, j’ai cessé la médication du jour au lendemain sans en parler à mon médecin.  J’étais tannée d’être dans la brume et de perdre des souvenirs.  La semaine suivante fut très pénible physiquement et psychologiquement.  Conseil : ne pas arrêter sans sevrage certaines médications !

La honte, non mais tsé !

Voyez-vous, sur le coup, lorsque mon médecin m’a annoncé que j’étais en dépression, j’avais honte.  Encore aujourd’hui, il y a des gens qui jugent les personnes qui subissent une dépression. J’ai bien dit, subissent !

On n’achète pas de dépression à l’épicerie, on l’a subit parce que nous avons été au-delà de nos limites permises par notre personne, notre moi.  Pour le travail, pour l’amour, pour la famille ou pour toutes autres raisons.

Nous avons passé outre les avertissements, au mépris de notre propre sécurité, de notre propre bien-être.

Terrain de jeu

J’ai appris à faire mon terrain de jeu.  Ce lieu où je suis en sécurité et si je dépasse mes limites, mes bornes, je me mets en danger.  Le fait d’avoir vécu une dépression m’a amené à poser un système d’alarme aux limites de mon terrain de jeu.

Dès que je pousse, sans penser à moi, une alarme sonne en moi.  Un malaise s’installe, un mal-être.  Alors, je recule dans mon terrain, de préférence au centre, je m’assoie et j’analyse le pourquoi de ce mal.  Et simplement, je l’élimine, pour ma santé, ma sécurité.  Aucun risque à prendre.

Passer en premier

Ce dont j’ai compris de cette dépression, c’est que, je dois passer en premier.  J’apprends à m’aimer un peu plus chaque jour.  Je me découvre qui je suis, moi.  Je me respecte et surtout je m’aime.

Maintenant, lorsqu’on me parle de dépression, je suis ouverte et mon attitude a complètement changé.  Il n’y a pas de honte mais de la compréhension et de l’empathie. Et, j’encourage ceux qui naviguent dans les eaux troubles de la dépression, de consulter et de s’aimer avant tout.  De ne plus laisser personne mais je dis personne nous faire du mal, de la peine ou de nous abaisser pour quelle raison que ce soit ! Personne !

Respect de soi et amour de soi, voilà ma récolte de la dépression.

Je suis plus forte, oui mais également fragile, fragile à retomber, glisser est si facile quand on s’y en attend le moins !  Si je vous dis que je suis fatiguée, laissez-moi retourner au milieu de mon terrain de jeu, question de me recentrer et de reprendre des forces.  Par respect.  Simplement.  Et moi, par amour pour moi.

Et vous ? Avez-vous votre terrain de jeu ?

Renée L’Abbé
29 décembre 2011

Toujours une première fois

Première fois, pour mon voyage dans le sud, pour une croisière, pour me baigner dans la mer.
Première fois
Première fois

Aujourd’hui, 9 janvier 2012, à 42 ans, pour la première fois, je réalise un rêve de mon enfance, la mer.

Le bateau a amarré près de Samana. Ce sont de petits bateaux, pouvant contenir 50 personnes, qui nous conduisaient à l’île.  Certains étaient des bateaux de sauvetage de notre bateau mais moi, chanceuse comme je suis, j’avais un « speedboat ».  Sans veste de sauvetage car ici, c’est un autre monde.

Mon sac de plage sur les genoux, lunette de soleil sur le bout de mon nez, sourire fendu jusqu’aux oreilles et le vent qui ébouriffe mes cheveux au gré de sa force.  Nous augmentons notre vitesse et montons sur le « step ».  Je suis aux anges.  La vitesse est grisante, des gouttelettes d’eau éclaboussent le bateau et j’en reçois quelques unes sur mon visage.

Débarquement

À peine 10 minutes et nous débarquons à quai avec l’aide des gentils messieurs qui me tiennent la main, galamment, fermement.

Nous sommes accueillis sur le quai par une troupe de musiciens et de danseurs.  Question de nous mettre dans l’ambiance latine de l’île.

La distance parcourue entre le quai et la plage n’est pas plus de 20 minutes.  Arrêts fréquents de ma part pour prendre de magnifiques photos à peindre.  Paradisiaque ! Je suis émerveillée ! Mes yeux semblent ne pas être assez grands pour capter toute la beauté de cet endroit.

Malgré les nuages, les couleurs sont tout de même exceptionnelles, vibrantes, éclatantes, le soleil semble irradié de chaque objet.  L’océan scintille comme une émeraude, le sable d’un blanc farineux, des palmiers gigantesques, un décor exotique, une délectation non seulement pour mes yeux mais également pour mon âme.

Douces rencontres

Un pélican est au rendez-vous près du quai.  Je lui souri de toutes mes dents et je sais que mon énergie se rend jusqu’à lui.  Sur le chemin menant à la plage, un vieux monsieur joue de la guitare en chantant, lorsque je passe devant lui.  Il fait une légère pause et me glisse un « holà » doux, traînant, chantant, une musique d’une pureté à mes oreilles, je suis profondément touchée par son regard amical, souriant et serein.  Je lui réponds avec un sourire dans ma voix, mes yeux pétillent, son sourire devient immensément heureux.  Je viens de rencontrer un ange.

Mon pas dansant me porte vers la plage.  Je choisis ma chaise longue, installe ma serviette de plage au couleur de Celebrity.  J’enlève mes sandales et je glisse mes orteils dans le sable fin, je jette mon sac de plage par terre, enlève rapidement ma petite robe soleil, mes lunettes et je m’élance lentement, calmement vers l’océan.

La mer

Je savoure chaque instant.  Un soleil timide joue à cache cache avec les nombreux nuages.  Le sable est d’un blanc crémeux, fin, doux sous les pieds, je m’approche et la vague vient doucement caresser mes orteils.  Ouf ! Je retiens ma respiration ! Je la trouve froide !

Quelques pas, passe par-dessus l’accumulation de coquillages rejetés et polis par la mer et lentement, je laisse les vagues déferler sur mon corps.  Je plonge, refait rapidement surface, essuie mes yeux et passe ma langue sur mes lèvres, elles sont sacrément salées.  Portée par l’océan qui, près de la plage à une couleur turquoise claire, absolument magnifique !

Un banc de petits poissons passe près de nous et, un des leur semble m’adopter.  Il est continuellement près de mon corps, si petit, si rapide et, je prends ce moment comme si la mer m’offrait un bonjour particulier.

Curieux !

Je suis la seule du groupe qui a été adopté par un petit poisson, tout le monde rigole. Probablement qu’il savait que c’était ma première fois dans son monde.  Alors, je l’ai appelé « curieux ».  Et oui, je nomme les animaux que je croise, une façon de dire à mère nature que j’apprécie son incroyable travail d’artiste.  J’ai dû me séparer de « curieux » et aller m’étendre au soleil pour me faire sécher.  Lézarder avec quelques grains de sable collés à ma peau me donnant immédiatement un goût de vacances de rêves.  Lorsque j’ouvre mes yeux, allongée sur ma chaise, je vois des palmiers, un ciel bleu, je ne rêve pas !

Le menu de ma journée : me rafraîchir, lézarder, sommeiller, la vie est magnifique !

Retour

Le retour au bateau fut particulier.  Ce fut un bateau de sauvetage du Celebrity qui me ramena à bord, mais pas tout à fait à bon port… jusqu’au bateau ? Oui ! Malheureusement, une complication s’immisça lors de mon embarquement.  Le bateau était de type fermé, je devais enjamber pour embarquer sur la plate-forme et monter les escaliers afin d’entrer dans le Celebrity.

Passer une après-midi complètement avec un tel menu agrémenté d’une solide grippe et d’une bière… me laissa quelque peu maladroite.  Alors, dès que j’ai voulu enjamber, aucune idée de ce qui se passa réellement.  Mes pieds se mêlèrent ensemble et je perdis pied directement au-dessus de la mer, entre les deux bateaux.

J’ai bien vu que mon atterrissage serait directement entre l’espace libre entre les bateaux. Dangereux.  Je vais rester coincée et me faire écrasée, c’est certain.  Aucune réaction. J’ai figé. Les yeux ronds, le cœur battant rapidement tout à coup.

De solides bras

Deux paires de bras de fer me saisirent, un du bateau de sauvetage et l’autre venant de l’officier sur la plate-forme.  J’ai flotté dans les airs pendant quelques secondes, un bleu sous le bras droit.

L’officier m’a demandé, avec son accès du nord de l’Europe, si j’étais correct.  Je lui ai répondu : oui, avec un rire de fille complètement d’allure citadine avec un poids à la place de la cervelle.  Mon QI est sûrement demeuré suspendu entre les deux bateaux.

En remontant l’escalier afin d’entrer à l’intérieur du Celebrity, la dame derrière moi a perdu sa « gougoune » entre les marches, direction la mer. J’ai souri et je me suis dis que, moi, au moins, je ne perdais pas mes gougounes dans la mer ! Parce que quand elles tombaient, je demeurais solidement dedans.  Un sourire niais a passé sur mon visage afin d’effacer la peur qui m’a frôlé pendant quelques secondes, rapide et malicieuse.

Finalement, mon souvenir de cette suspension dans les airs… je me suis sentie féminine et fragile comme jamais.  Ben oui, il y a toujours une première fois.

Renée L’Abbé
17 janvier 2012

2011, mon bilan

Bilan de mon année 2011
Bilan 2011
Bilan 2011

2011, une année de changement, de roulement, d’apprentissage, d’adaptation.  Une année de rencontres, de belles rencontres.  De nouvelles amitiés, même au-delà des frontières.  Peu de matériel d’acquis mais une solidification intérieure exceptionnelle.  Un travail continu sur moi, sur mon intérieur, parfois avec obstination et acharnement malgré les remises en question et les souffrances apportées.

Une mise en forme physique avec des objectifs pour 2012. Découverte de nouveaux sports.  Persévérance et patience afin d’atteindre mes buts.  Dans le respect de ma machine corporelle et surtout, être à son écoute afin de me donner toutes les chances pour être en santé.

Découvertes multiples, tant les mets que les gens, à travers ma passion culinaire.  Curiosité, essai, oser !

Se découvrir

Parfois, un surplus d’énergie à revendre et tout de même difficile à consommer.  Une prise de conscience sur mes capacités personnelles, intellectuelles.  Être en mesure d’accepter ce que je suis, comment et combien sont mes connaissances et mes aptitudes.

Rencontres

Faire face à la vie, prendre du recul en temps et lieux, sourire, croire encore à un monde meilleur, tant l’univers que mon monde dans lequel je suis le centre.  Apprendre et être assez humble de reconnaître mon ignorance et ma petitesse dans cet univers grandiose.  Apprendre encore, à accepter les gens tels qu’ils sont, avec leurs faiblesses et leurs forces.  Me montrer, moi, avec mes faiblesses et mes forces, sans pudeur et honnêteté. Mais également, d’apprendre à accepter ce qu’on m’offre, qu’on me donne tant les cadeaux que les compliments.

Partager des tranches de ma vie, faire rire, faire pleurer et surtout d’être présente envers ceux que j’aime d’amour ou d’amitié. Également, avoir la chance d’être avec les membres de ma famille et de partager de moments inoubliables.

Aujourd’hui, je me prépare à fermer mon coffre-fort 2011.  Son contenu est précieux.  Souvenirs nombreux et irremplaçables.  Moments magiques.  Trouvailles.  Espoirs.  Mais également, pleurs, déceptions, pardons.  Et, je suis fière d’ajouter cette année à mon expérience de vie.  Une de plus, une de gagné !

Nouvelle année

Maintenant, je vais faire place à 2012.  Une année de rêves ! Elle est remplie d’espoir et je tiens à y travailler de tout mon cœur pour qu’elle soit magnifique.  Je veux encore grandir et surtout, m’émerveiller devant la vie, devant ses trésors et sa beauté.

Espérant donner encore le meilleur de moi-même et de prendre, avec respect et honneur, ce que la vie m’offrira au cours de la prochaine année.

Mais le plus important, être dans mon présent.

Renée L’Abbé
31 décembre 2011