2010 en rafales.. un autre monde

Qui eut cru que je passerais de l’espérance totale au désespoir en 24 heures seulement.  Que mon monde tel que conçu allait disparaître.

Le 17 mai

Je reçois une bonne nouvelle par courriel de la firme d’avocats : le recours collectif entre dans la phase procès.

Le 18 mai

Mon conjoint m’annonce maladroitement, qu’il m’aime bien comme ami mais plus comme un amoureux. Je suis laissée, je suis le rejet. C’est la chute, je tombe. Mon monde s’écroule. Je suis en petits petits morceaux.

Je passe environ deux jours dans la phase « en suspension ». J’espère que le cauchemar cesse mais quand je me réveille, mon visage est encore rempli de larmes.

Le vendredi, j’ai un souper de Guerdas pour fêter Annie, Christine et Monic. Je ne voulais plus y aller mais, ce n’est pas compter sur l’acharnement de mes Guerdas. Une Guerda en détresse, les autres sont là pour la secourir. Elles m’appellent, m’envoient des courriels et me supplient d’être présente au souper, que ça va me faire du bien. Bien sûr, elles ont raison. Leur support est un précieux cadeau. Elles seront présentes tout au long de mon parcours et je vous en remercie de tout mon cœur. Une Guerda, à la vie, à la mort.

Je suis dans l’action. J’appelle mon agent d’immeuble, Pierre. À peine deux jours de passés, je visite déjà une maison et un condo, ma mère est présente. Pendant la visite du condo, je pleure. Pierre me dit : « je ne suis pas ici pour te vendre une maison, tu n’es pas en état, je suis ici pour te montrer différentes options pour ton futur parce que tu ne les vois pas présentement ». Pierre est un homme bien.

Avant de trouver la maison, je dois faire le deuil de la nôtre qui ne l’est plus. Je dois faire abstraction de ce que je possédais, une maison au bord de l’eau avec un âcre de terrain aménagé de fleurs et d’arbres magnifiques. De mon plaisir, lorsque j’arrive de travailler, de prendre mon kayak et de faire le tour du lac, une heure de pure délice, avant le souper. De regarder le soleil se coucher sur le lac. De voir tous les oiseaux, les canards, le « glou-glou » Bûtard d’amérique, le grand héron qui niche tout près. Du solarium dans lequel je fais ma lecture ou ma peinture. Du spa. Du terrain qui a déjà appartenu à ma grand-mère paternelle. Du magnifique chêne, pommiers que j’ai planté dont je ne verrai jamais les fruits.

J’ai visité tout les genres de maison, du condo, maison familiale, duplex ou triplex. À un certain moment, j’étais tenté d’acheter un triplex mais, je ne sais pas pourquoi mais il y avait un « mais ». Une vieille connaissance, pas dans le sens qu’elle est vieille mais bien que ça fait très longtemps qu’on se connait, Joëlle me donne son opinion avec toute sa franchise. Elle me dit de penser à mon affaire avant d’acheter le triplex. Un triplex, oui c’est intéressant pour les revenus mais est-ce que je suis prête à gérer des locataires ? Les réparations ? Les dégâts ? Et, le plus important mais non le moindre, tu es en loyer dans ton triplex. Merci Joëlle ! Tu m’as aidé à compléter ma phrase avec le « mais ». Je crois que l’on rencontre les gens au bon moment quand nous sommes prêts à recevoir l’information pour poursuivre notre chemin. Et toi, tu as été mon GPS pour un instant très important afin de ne pas prendre le chemin de bois ! Encore merci !

En achetant ma maison en ville, j’ai quand même l’honnêteté de dire que je suis beaucoup plus citadine que je le pensais. J’aime la proximité. Je suis plus ou moins à 30 minutes de tout, à pied ! Plus besoin de prendre ma voiture sauf pour l’épicerie et encore.

Au début de l’été, je ne voulais pas de maison à rénover. Je croyais que je n’avais pas la capacité de le faire, ni l’énergie. Avec le recul, je me demande si ce n’était pas tout simplement que je n’avais pas le goût de me rénover.

J’ai travaillé extrêmement fort physiquement, j’ai pratiquement tout fait moi-même dans la maison sauf l’électricité et le plâtre. En passant par sortir le bain qui pesait 2 tonnes, en installer un léger comme une plume. Installer le plancher de bamboo d’une superficie de 1000 p.c.; enfin, personne ne s’opposait à moi pour que j’utilise la scie à onglets; je suis capable et non, je ne me suis pas coupé une main. En même temps que j’effectuais tout ces changements, j’évoluais également à l’intérieur de moi.

Quand je me suis séparée, je pensais que j’aurais qu’un deuil à faire, celui du conjoint. Pas tout à fait vrai ! Ce n’est pas UN deuil mais DES deuils.

Pour moi, le deuil du conjoint a passé par l’acceptation d’être rejetée, de ne plus faire l’affaire. Ensuite, c’est le deuil de ne plus être à deux. De ne plus avoir personne à la maison quand tu arrives de travailler pour raconter ta journée. Ce sont les soupers en tête à tête avec soi-même. C’est de ne plus partager. Partager les bons et les moins bons moments. C’est dur. Vivre seul avec moi-même, j’en suis capable. Mais de ne plus pouvoir partager avec quelqu’un, c’est plus difficile.

J’ai donc décidé de voir l’avantage d’être seule. Je choisis pour moi seulement. J’ai donc une chambre à coucher de « fille » et surtout rien de « foncé » pour rendre ça plus masculin. Blanc, fauve, violet. Je peux faire une sieste quand je veux et il n’y a personne pour me dire que je dors encore ou de me traiter de marmotte. Je mange à l’heure que je veux. J’ai le contrôle de LA télécommande, objet sacré masculin même si on dit UNE.

Je découvre des forces dont je ne pensais pas posséder. Je me trouve grande. Mais. J’ai beau énuméré les avantages, personne ne m’enlèvera de la tête que la vie à deux est bien plus belle parce que justement, on peut partager.

Le deuil que j’ai trouvé le plus dur à faire est celui de ne pas pouvoir avoir d’enfants. Mon « last call » était avec mon ex-conjoint. Je suis rendue trop vieille pour en avoir maintenant. Je n’ai pas la capacité financière pour en avoir seule, ni l’énergie. Du temps, j’en ai plus. Même si je n’ai jamais eu ou ressenti le besoin pressant d’avoir un enfant, je ressens quand même de la tristesse dans cette absence. J’ai le cœur gros quand même et mes yeux sont encore plein d’eau. Je peux me consoler en me disant qu’on vit dans un monde fou, que la planète s’en va sur le « yiable », que l’avenir est incertain; mais, j’aurais aimé, moi aussi, avoir une petite Renée qui me regarde quand je me maquille et qui me demande : « pourquoi t’as des plis près des yeux maman ? » :..(

Deuil de la maison, de ne plus avoir mon chien Charly, deuil de certains ami(e)s, deuil de certaines activités (ski-doo pour l’instant, avion).

Lorsque j’ai dit que j’étais en petits morceaux, je l’étais mais j’ai compris ce matin, 7 mois plus tard, que c’est la Renée en couple qui était en morceau. La Renée, moi, est toujours là. Une infime partie de moi était en morceau. Est-ce nécessaire de la recoller ? Non. J’ai jeté les morceaux.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de me redécouvrir, me retrouver. Moi, celle qui chante, aime et écoute la musique. Mes éclats de rire, mes folies et mes aspirations. Celle qui veut vivre chaque seconde de son présent comme des cadeaux. J’aime ce que je trouve en moi. Je m’aime telle que je suis et je veux m’aimer lorsque je serai grande aussi. J’aime expliquer au gens que j’ai encore 16 ans dans ma tête afin qu’il soit en mesure de comprendre que j’ai tellement mais tellement de chose à faire et à découvrir. Le monde s’ouvre encore à moi, un nouveau monde remplit de belles surprises, je retiens mon souffle pour faire des WOW….

Renée L’Abbé
1 janvier 2011

Cause… toujours !

Cause
Cause… toujours

Cause pour cause, peu importe laquelle.  Toute cause est humble et importante.  Mais.

Arrêtez de nous fatiguer pour changer la photo de profil en soutien pour la recherche du cancer du sein, pour les victimes xyz, pour savoir si vous êtes une pomme ou célibataire.

Des causes, j’en ai à cœur, solide en plus !  Première cause que j’ai adhéré : la fondation hospitalière de Rouyn-Noranda.  Oui, parce que, quand tu fais face au cancer à 26 ans, ton monde rose bonbon de pète dans face solide.  Grâce à la fondation, plusieurs examens nécessitant un voyage dans une »grande » ville est maintenant chose du passé.  Nous pouvons maintenant avoir droit à ses examens ici, en région grâce à ces fondations.

Deuxième cause qui me tient à cœur : la Maison de l’Envol.  Soins palliatifs, l’endroit où l’on peut terminer notre vie en toute dignité.  Plus d’une personne proche y est passée pour finir sa vie en douceur avec un accompagnement digne de ce nom.

Ce sont mes deux causes que j’ai choisies de soutenir systématiquement depuis plus de 10 et 20 ans.  Naturellement, je vais donner pour la recherche  contre le cancer du sein parce que je suis avant tout une femme, j’achète toujours un billet pour la maison Tanguay ou Enfant soleil et je donne des sous à la table Mira sans prendre l’objet qui va avec.

Voyez-vous un cœur dans mon profil ? Non.

Ou un carré noir ? Non.

Un fruit ? Non.

Pourquoi ?

Parce que, personnellement, je trouve que ça sert à rien.  Vous voulez faire une différence ? Allez soutenir une personne qui se bat contre le cancer.  Juste être là pour l’écouter, se vider le cœur ou simplement dire comment elle va.  Soyez là pour votre amie/ami qui vit une situation d’harcèlement en l’accompagnant pour dénoncer ou encore lui indiquer où aller pour obtenir du soutien psychologique.

Évidemment de savoir que vous êtes une pomme, un ananas ou une citrouille, je m’en contre fiche.  Si je veux savoir comment va votre vie, je vais vous le demander lors de notre prochaine rencontre.

Le problème avec ces demandes, selon moi, ça déculpabilise les gens en mettant un cœur ou un carré et ce, peu importe une autre couleur.  Ils ont l’impression d’avoir fait leur part alors que, faire sa part, c’est avant tout d’être dans l’action envers les personnes concernées.  C’est tout d’abord de participer à la mise en place de prévention pour éviter que les enfants qui poussent derrière nous,  vivent des moments traumatisants.  Simplement, c’est d’être là, dans la vraie vie, pas juste sur le web en cliquant J’aime ou encore en mettant un mot, et pire, de partager un statut que vous n’avez même pas créé vous-même.  Donc, faites l’effort d’agir physiquement, verbalement pour défendre la veuve et l’orphelin.

Aussi, au lieu de partager un statut sur une maladie, sortez donc au moins 5 $ et faites un don en ligne pour la recherche contre cette maladie.

En conclusion, c’est dans l’action qu’on va changer le monde, pas en un simple clic sur les réseaux sociaux.  En plus, je vous mets d’ailleurs quelques liens pour donner. La rudesse de mes propos démontrent seulement mon impatience et non mon manque d’empathie.

Et finalement, je vous propose une page fb pour une petite fille qui s’est mise dans l’action suite au cancer du sein de sa mère et celui de sa marraine qui en est décédée : Les petites Folies de Noëllie.  Encouragez-la !  Peut-être que vous pourrez prendre exemple.

La Renelle

Fondation hospitalière de Rouyn-Noranda (Site)

Fondation Maison Tanguay (Site)

Maison de l’envol (Site)

Pour la recherche contre le cancer du sein (Site)

Diabète Québec (Site)